CONVERSATION AVEC LOUISE DASSE, UNE CONSEILLERE HORS PAIR

By Jacqueline Dreesen, EGPAF-CDI

Eric Bond, EGPAF

Tina Louise Dassé une conseillère communautaire de l’ONG ‘’Femmes Actives’’ travaille  depuis 2009 à L’hôpital Général de Koumassi,  un des sites soutenus par  la Fondation Elizabeth Glaser en Côte d’Ivoire. Elle a vu passer à l’unité de CDV  nombre des personnes, femmes, enfants, hommes, familles,  jeunes, vieux de différentes conditions sanitaire, sociales ou économiques.

Mais un matin de Septembre 2015, Louise a reçu dans son bureau du CDV une femme portant au dos un enfant âgé d’à peine  un (1) an mais qui ressemblait plus à un bébé de 06 mois. Il avait  le ventre ballonné, des signes évident de malnutrition sévère, la tête complètement chauve, les yeux hagards ; il était  déshydraté et pesait  à peine 05 kg. La mère présenta courageusement son enfant et implora le soutien de Louise qui,  au bord des larmes eu le cœur saisi de pitié pour cet enfant  qui était  à « l’article de la mort ».

Le principal mode de contamination du VIH chez les nourrissons et les enfants est la transmission de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement ou pendant l'allaitement. En général, les  symptômes physiques du VIH chez les enfants sont caractérisés par un retard de croissance, diverses formes d'infections à répétition qui peuvent être plus ou moins sévère se manifestant par des vomissements ou diarrhée, un gonflement abdominal, des éruptions cutanées, etc.

Louise eut très peur de perdre encore une fois un enfant se souvenant  d’une  scène analogue vécue quelques temps auparavant  lorsqu’une mère se présenta  avec son nourrisson dans le même état, lequel rendu l’âme peu de temps après.

Louise ne perdit  pas de temps et mit  tout en œuvre pour tenter de sauver la vie de Simon. Elle proposa  donc tout de suite à la mère de procéder au  dépistage de l’enfant et de la mère. Le résultat du test de la mère revint positif au VIH. Louise, avec toute son expertise acquise mit la mère en confiance, lui prodigua les conseils d’usage  pour comprendre et accepter la situation. L’enfant fut  référé en pédiatrie pour la prise en charge immédiate de son état clinique. Le père de Simon accompagna peu de temps après sa famille au CDV pour soutenir sa femme et s’enquérir de l’état de santé de son fils. Il était  très inquiet et s’effondra à l’annonce du résultat positif de la PCR (test de diagnostic précoce du VIH) effectuée à son enfant. Il était  inconsolable.
Le père de Simon n’avait qu’une seule phrase en tête, son fils allait-t-il survivre ? Simon était  son premier garçon ;  pourrait-il retrouver la santé, pourrait-il jouer comme un enfant en a le droit, pourrait-il aller à l’école… Il était  désemparé.

Une semaine après le début du traitement Antirétroviral (ARV), la famille revint à l’hôpital, les choses ne s’étaient  pas améliorées malgré les médicaments prescrits à Simon, Il toussait beaucoup et devenait de plus en plus faible. La famille fut  orientée vers un centre de diagnostic et de traitement de la tuberculose (CAT). Là-bas, une autre épreuve les attendait : Simon était atteint de  tuberculose, quel mauvais sort !!! Les parents de Simon étaient au bord de la crise de dépression, Ils ne savaient plus quoi faire. Cette fois si c’était trop.

La tuberculose est une maladie opportuniste la plus susceptible d'affecter les patients atteints du VIH ayant  un système immunitaire déjà affaiblit.

Louise tenta  coûte que coute de retrouver cette famille qui l’avait fortement émue et qui avait arrêté le suivi médical au sein de L’hôpital Général de Koumassi depuis des semaines. Elle se rendit à leur domicile et appris  que Simon souffrait de la tuberculose. Elle  encouragea  les parents à suivre les traitements prescrits à l’enfant et à ne pas baisser les bras. Elle les rassura et leur donna des conseils nutritionnels pour Simon pour  qu’il puisse supporter au mieux ses différents traitements.
Ses efforts portèrent. Quelques  semaines plus tard lorsque la famille vint pour la visite de suivi  médical,  la conseillère constata une amélioration de l’état de santé de  Simon. Les signes étaient  encourageants et la famille continua à être assidue aux visites médicales. 

Trois mois plus tard, Louise entendit un matin des rires et des éclats joyeux de voix dans le couloir du CDV. Elle aperçut t un petit garçon plutôt grassouillet qui riait, saluait tout le monde et  courait  dans tous les sens. Louise rigola, joua avec le petit garçon, lui fit  un câlin, mais lorsqu’elle aperçut sa mère derrière lui, elle fondit en larmes. Elle venait  de reconnaître Simon. Il était  plein de vie, Il avait  presque triplé de poids (Il pesait 14kg)  et jouait comme un enfant de son âge, Il était  en vie.  Son père était  là aussi, Il n’en revenait  pas et se montra  très reconnaissant à Louise.  Il avait  maintenant l’assurance que son fils chéri allait  vivre et aurait la chance d’aller à l’école et vivre au milieu des siens en bonne santé.

Louise ne s’est pas arrêtée là. Elle propose à nouveau au père de Simon de se faire dépister pour le VIH. La mère de Simon lui avoua  également avoir refusé la proposition de dépistage pour le VIH qui lui avait été faite durant sa grossesse.  Les parents ont finalement été dépistés pour le VIH et étaient tous deux séropositifs. Suite à l’amélioration de l’état de santé de Simon les parents demandent à faire dépister leur fille de  6 ans, le résultat de la fille est revenu négatif au VIH.