Histoire de Kotou

29/09/14

« Je suis jeune et séropositive »


Agée de 16 ans, Kotou est une jeune adolescente en classe de première dans un lycée de l’intérieur du pays. Orpheline de père et de mère, c’est son oncle paternel qui s’occupe d’elle.

Avant sa mort en 2009, le père de Kotou a informé son frère de sa séropositivité ainsi que de celui de sa femme décédée depuis 2004. C’est ainsi qu’à la mort de son frère, l’oncle de Kotou va la faire dépister du VIH. Le test de dépistage révèle que Kotou aussi est séropositive. Elle n’a que 12 ans et ne sait pas qu’elle est vient d’être dépistée du VIH. Kotou est suivie au service de pédiatrie du CHU de Treichville et bénéficie du soutien de son oncle. Celui-ci s’est promis de tout mettre en œuvre afin que sa nièce vive et reçoive les soins disponibles. Cependant, il n’a pas encore eu le courage de lui dire son statut sérologique.

Au fil du temps, Kotou qui grandit bien, commence à se poser des questions sur les médicaments qu’elle prend. Elle veut savoir de pourquoi elle souffre ? Pourquoi est- ce si important pour elle de respecter ses jours et heures de prises ? Jusqu’à quand continuera-t-elle de prendre ces médicaments ? Toutes ses questions se bousculant dans sa tête, Kotou décide de mener sa propre enquête en 2012. Elle relève le nom de ses médicaments et entreprend une recherche sur internet. Kotou découvre alors que les médicaments qu’elle prend sont ceux du VIH/sida. Ce qui veut dire qu’elle est une personne vivant avec le VIH. Choquée et bouleversée par sa découverte, Kotou se rend en larmes chez sa tante, la sœur cadette de sa défunte mère. Suite à leurs échanges, elle apprend qu’elle a été infectée au cours de l’allaitement par sa mère.

Rentrée à la maison chez son oncle, Kotou n’a ni la force ni le courage de l’informer de sa découverte. Elle gardera son secret jusqu’en juin 2013. C’est par une lettre qu’elle informera son oncle de ce qu’elle sait désormais son statut sérologique. Surpris par le contenu de la lettre, confus et aussi bouleversé que les choses se soient passées ainsi, l’oncle décide de briser la glace. Il fait appeler sa nièce dans la chambre et lui confirmera à son tour ce qu’elle sait déjà. L’atmosphère tendu au départ, laissera progressivement au cours des échanges la place à l’émotion et la douleur de l’un et de l’autre.

L’oncle la rassure et lui a dit qu’il sera toujours là pour elle. Après cet échange, Kotou a commencé à mieux comprendre son oncle qui insistait sur la prise régulière des médicaments et ne tolérait aucun retard. Leurs relations si conflictuelles auparavant est devenue désormais une relation de confiance et de partage. Lorsqu’elle se sent triste et seule, elle court se réfugier dans les bras de son oncle.

Depuis la connaissance de son statut et suite aux échanges avec son oncle, elle essaie de vivre normalement comme les autres adolescentes de son âge.

Kotou est bien intégrée dans son école. Elle  pratiques des activités sportives et culturelles. Elle n’éprouve aucun sentiment de culpabilité car elle se dit que c’est la volonté de Dieu. Elle bénéficie de l’appui du personnel médical et des assistantes sociales travaillant au service de pédiatrie du CHU de Treichville. Elle reçoit régulièrement des informations sur le VIH /Sida et apprend à vivre positivement.
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Cette histoire a été écrite par une psychologue travaillant au service de pédiatrie du CHU de Treichville.
Depuis 2013, la Fondation Ariel Glaser a mis en place un projet pilote avec l’intégration de psychologues dans les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) pour améliorer la prise en charge des enfants dans les soins.